La SAE Institute, School of Audio Engineering est une école de multimédia présente dans de nombreuses capitales à travers le monde et d’abord connue pour sa formation d’ingénieur du son.

Ayant obtenu mon Audio Engineer Diploma à la SAE Paris, je vous propose un retour sur mon expérience, ce qui pourra servir notamment à ceux qui souhaitent choisir cette école.

Disclaimer

Attention, ce qui suit n’est que mon avis, mon expérience personnelle et la SAE peut évoluer d’ici là, gardez en tête que j’ai eu mon diplôme en 2013 pour une formation en 2012-2013.

Pourquoi la SAE ?

Et bien c’est simple, j’ai regardé ce qui existait, j’ai trouvé Louis Lumière, des BTS, l’EMC, la SAE, et d’autres qui n’ont pas vraiment retenu mon attention. Notamment parce que je voulais rester proche d’Orléans.

Les BTS de technicien du son étaient plutôt axés sur le broadcast et la prise de son pour la vidéo, et le matériel à disposition assez médiocre. De plus, mon expérience avec le système scolaire Français traditionnel n’a jamais été un régal, raison de plus pour ne pas y retourner.

Louis Lumière me semblait être la meilleure option, mais je n’aurais pas pu y entrer, justement pour la raison sus-citée (dossier très moyen).

Et l’EMC, j’ai hésité longuement, l’école et l’ambiance avaient l’air très sympa, mais le matériel à disposition moins riche que la SAE, du moins en termes de matériel d’enregistrement/mixage. La SAE m’a semblé dans l’ensemle plus professionnelle que l’EMC.

Vous allez comprendre pourquoi ensuite, mais je recommande la SAE plutôt à celui qui est attiré par l’enregistrement et la post-production (mixage musique/vidéo), car c’est principalement ce qu’on y apprend. Mais qu’on se comprenne bien, avec cette école, vous avez les clés en main pour faire du studio, du live, et de la prise de son, voir même encore d’autres domaines connexes. Le broadcast n’est pas trop de la partie, du moins pas quand j’ai fait la formation, même s’il y a une sorte d’initiation, elle reste purement théorique.

Une école accessible à qui ?

Déjà, à qui en a les moyens financiers, ou qui comme moi fait un prêt étudiant… Car l’école n’est pas donnée. Je ne suis pas sûr de pouvoir indiquer le tarif car l’info est difficile à trouver au premier abord, mais vous l’obtenez sur simple demande de de documents d’infos sur l’école (envoyés gratuitement par courrier). Pour ma part, j’ai payé moins cher que ce qui est inidiqué ici, mais peut-être le tarif a-t-il changé.

Il faut tout de même avoir le bac (de préférence ES/S ou STI) et 18 ans. Il me semble que les bac pro peuvent compter dans certains cas, et que votre cas sera quand même étudié si vous n’avez pas le bac mais pouvez attester des compétences requises.

Les compétences requises, parlons-en. Elles sont finalement assez bien résumées par le test d’entrée. Assez rapide, il consiste à tester sommairement votre niveau de français, d’anglais, de mathématiques, de physique, et de logique. Alors ça fait longtemps que je l’ai fait, peut-être y avait-il un poil de culture générale, mais ce n’est rien de très sorcier, pour sûr, vu ma faible culture générale. Non vraiment, il ne faut pas stresser, si vous êtes un bachelier moyen de 18-35 ans, vous n’aurez probablement pas de peine à répondre aux questions. Et au final, c’est un peu ça le niveau requis, car la formation reprend tout de zéro, donc peu importe votre niveau d’origine, il faut simplement que votre capacité de compréhension, d’adaptation, et de mémorisation soient opérationnelles, et si le sujet vous intéresse vraiment, au niveau technique, nul doute que ça devrait aller. Pour sûr, avoir des connaissances à l’avance vous aideront à être à l’aise. Pour ma part, passionné d’audio et d’informatique depuis des années, il y a bien un tiers de ma formation où je n’ai fait que revoir ce que je savais déjà.

Il faut quand même se rappeler que c’est une formation technique, donc un côté au moins un peu geek, une grande curiosité, un peu de rigueur bien dosée, et une non allergie à un poil de mathématiques bien utiles sont, à mon sens, absolument requis.

A propos du MacBook pro offert…

L’école « offre » un Macbook pro à l’entrée. Je mets des guillemets, car évidemment, les frais sont répercutés sur le prix de la formation. Ayant initialement une aversion pour Apple, ses produits peu intéressants, ainsi que ses politiques nauséabondes, je pense que c’est quand même une bonne chose, car vous serez probablement amenés à être confrontés à des Macs durant votre vie professionnelle. Au moins, on apprend comment ça marche. Mais ce mac n’a de réelle utilité que si vous achetez ProTools (tarif étudiant : 250€) pour bosser dessus. Frais supplémentaires à prévoir donc. Egalement, en rajoutant 500€, vous obtenez une machine 2x plus puissante (15 pouces au lieu de 13 et quadcore au lieu de dual core), ce qui est intéressant si vous comptez faire du mixage un peu lourd dessus. Pour ma part, c’est ce que j’ai fait, j’ai également mis 16Go de RAM et un SSD dedans, ça se fait sans connaissances particulières, mais il faut prendre un set de tournevis étoilés pour y parvenir. En espérant que vous aurez des Mac démontables. A savoir que ProTools est également compatible PC, et que vous pouvez très bien l’installer sur votre MacBook et votre PC à la maison, et utiliser votre clé iLok (licence) sur les deux. Les plugins sont même globalement assez compatibles pour peu que vous utilisiez les mêmes. 1000€ à sortir quand même dans mon cas.

En 1 an ou en 2 ans ?

La SAE propose une formation accélérée en 1 an au lieu de deux. N’étant pas de Paris, et étant donné les prix du loyer, j’ai choisi la formation accélérée afin d’économiser un an de loyer Parisien, et d’amplement rentabiliser le léger surcout de cette dernière. Le temps c’est de l’argent il paraît. L’audio Engineer Diploma est reconnu par l’état Français comme un BTS (bac +2) « Technicien preneur de son ». Ce n’est pas ça qui vous donnera du boulot mais ça peut aider pour bosser dans pour institutions publiques.

Qui sont les profs ?

On les appelle ici des « intervenants » car ce sont d’abord des professionnels du domaine. Le tutoiement est souvent de mise, entre pasionnés, pro, et futurs-pros, pas de raison de se parler avec un balais dans l’arrière-train. Ils ont chacun leur spécialité, et sont toujours disponibles pour répondre à vos questions pour aller plus loin et parfois même à expérimenter de nouvelles idées. Que ce soit en pause, avant, après, ou même pendant le cours pour en faire profiter la classe, ils restent toujours très disponibles dans la mesure du possible.

Evidemment, vous aurez plus d’affinités avec certains que d’autres, mais jamais de mauvaise surprise, avant tout parce qu’ils sont toujours compétents, au moins dans le domaine où ils enseignent.

Et on apprend quoi dans cette école ?

C’est toujours le problème quand on choisit une école… Savoir ce que contient la formation. Et bien aujourd’hui, je vous évite ce stress !

Déjà sachez que la majeure partie de votre formation consistera à appliquer ce que vous aurez appris en cours. Ensuite, tout est très progressif. On voit les notions petit à petit, on apprend graduellement, mais sur la formation accélérée, ça va quand même vite, surtout si vous n’avez pas de notions préalables, et sur les consoles plus complexes, faut vraiment s’accrocher…

En vrac : Vous apprendrez l’édition audio, le sound design, ProTools, le MIDI, la microphonie, vous ferez de la théorie audio (traitement et effets, signal, acoustique, stereophonie…) et un peu d’électronique, vous apprendrez à utiliser des consoles et effets analogiques et numériques, vous ferez du son à l’image, vous enregistrerez dans les studios de l’école des musiciens qu’il vous faudra trouver, et vous ferez un peu de réseau appliqué à l’audio et d’informatique, vous serez initiés au broadcast et au live, vous ferez des jingles, et vous apprendrez même à mixer, mais là attention, on vous donne des indications, après c’est votre oreille qui fait le reste. Vous apprendrez surtout à désacraliser par la raison toutes les sottises idiophiles qui traînent, ma partie préférée.

Il y aura aussi des intervenants qui donneront des conférences, pour ma part j’ai eu notamment la chance de rencontrer Bob Katz. J’ai aussi eu droit à quelques sorties, une visite en profondeur d’une salle de Live pour mieux comprendre comment ça se passe, et à une séance de mixage en studio pour s’inspirer des techniques des plus expérimentés, avec en bonus un petit tour en studio de mastering.

Vous aurez un gros bloc de cours par console présente à la SAE. Ces dernières sont assez riches et représentatives de ce qu’on peut trouver en milieu pro, de full analogique à full numérique avec de l’hybride entre les deux.

Vous aurez aussi des Workshop, c’est à dire un cours avec l’enseignant qui montre directement en pratique ce que l’on peut faire, notamment pour chaque console.

A noter que le mixage s’effectuera principalement sous ProTools, un outil puissant, peu connu du grand public mais utilisé dans une bonne partie des studios, que j’ai pour ma part clairement adopté. Vous en apprendrez toutes les spécificités, et pourrez extrapoler aux autres DAWs. Pas d’Abelton en revanche, dommage, mais un peu de Logic, notamment pour les exercies en MIDI.

Au final, le gros point positif pour moi, c’est que le lien entre théorie et pratique est très bien fait, et que l’on n’est pas assomés de théorie inutile, tout ce qu’on apprend sert, et pas besoin d’être un dingue en maths pour y arriver.

Comment se passe une année ?

Déjà, il y a 3 rentrées par an, assez pratique, et ça permet aux enseignants, spécialisés, de tourner entre les promos. Il existe deux types de promos : Les full time (formation en un an) et les part time (formation en 2 ans). Même en full time, le nombre d’heures de cours est modéré, mais comme je l’ai dit, on passe plus de temps à appliquer les cours qu’assis dans une chaise à y assister. De la sorte, on intègre assez bien les choses. Les classes full time semblent être un peu plus réduites – entre 15 et 20 étudiants en début d’année-.

L’année est ponctuée d’exercices pratiques à rendre, ainsi que d’exams assez bien répartis qui permettent d’être sûr d’avoir parfaitement tout assimilé.

Un bon point de repère, pour moi au cours de l’année, c’est les stations de travail et consoles sur lesquelles on bosse. Ça reste le point central de la formation. A savoir que tout le travail peut se faire dans l’école, qui est ouverte tous les jours jusqu’à minuit ou 1h (pas sûr). En tout cas j’ai fait la fermeture plus d’une fois, sans regarder l’heure. On y trouve des stations ProTools où on bosse au casque, et qui sont en libre accès, les petites consoles sur lesquelles on commence, au casque aussi, et les studios de mixage/enregistrement, où là il faut réserver le local, et on a intérêt de se présenter, sous peine de pénalités importantes.

On commence l’année avec de l’édition, pour ma part c’était sur Spark, un logiciel très manuel et très désagréable, que je considère comme le bizutage de la SAE. Si on tient ça, on peut tenir tout le reste. J’ai entendu que peut-être ils allaient utiliser un autre programme pour cette tâche… En somme, ça consistait à 5 modèles à reproduire. On vous file un morceau découpé, vous devez le redécouper à l’identique… Et parfois, ce n’est qu’un coup de caisse claire à couper, et il faut trouver le bon. La moindre erreur importante et c’est 0 sur 5.

Ensuite on commence à choper un bagage théorique et à apprendre Protools, donc on fait un peu d’édition sous ProTools, on a des jingles à faire avec quelques petites blagues techniques dedans, des histoires (enregistrées par les intervenants) à monter et habiller…

Et puis on commence à mixer. D’abord sur une petite mackie 8 pistes, avec que du volume/pan/EQ, en enregistrant sur minidisc pour s’habituer à avoir un recorder externe. Ensuite on rajoute les effets dynamiques (compression), puis temporels (reverbs et autres phasers).

Puis on passe à la 8 BUS, une console déjà bien plus conséquente (32 pistes je crois), on fait un mixage, puis ses premiers enregistrements… Comme je l’ai dit, faut trouver soi-même les musiciens. Y’a un book de contacts à disposition, mais sinon il suffit d’aller dans un local de répète, et on trouve facilement des musiciens qui veulent se faire enregistrer gratuitement. Parfois ils voudront même vous payer si le résultat en vaut la peine. Bon, la 8 BUS c’est pas du top qualité comme studio mais c’est une bonne mise en jambe.

A partir de ce moment, ça commence à devenir vraiment sérieux déjà, on se forme pour les autres consoles, notamment la SSL que j’ai adorée car elle combine une partie contrôleur de DAW (logiciel audio) et une analogique sympa, Idem, mixage, puis enregistrement/mixage. Toujours dans cet ordre. Et puis on fait du numérique, Tascam/Yamaha, là c’est purement du mixage et du son à l’image (sound design, doublage, mixage).

Et puis on arrive à l’Icon, grosse console numérique, télécommande ultime pour ProTools, et de l’autre côté la Neve, grosse console analogique, super grain. Sans compter les écoutes dans ces salles qui commencent à être plus évoluées, de même que les live rooms. C’est d’ailleurs sur cette Neve que j’ai enregistré Siks Haedo.

Enfin, on termine l’année par un exam, un mémoire et, un projet final, et un exam pratique Concernant le mémoire, on fait bien de le commencer tôt si on veut le réussir. L’idée étant d’approfondir le sujet de son choix. Pour ma part, j’ai choisi le sujet complexe qu’est l’adaptation d’impédance, et j’ai dû littéralement me surpasser pour y parvenir.

Réussir sa formation

Tristement, certains abandonnent, certains échouent, et certains passent de full time à part time pour tenir la cadence. Dans ma promo, on a commencé à 18, fini à 14 (dont un passé en part time), et on est seulement 4 à avoir eu le diplôme. Il y a bien un rattrapage, mais il ne faut pas compter dessus apparemment. J’imagine qu’en part time, le taux d’abandon est supérieur, et le taux de réussite meilleur, et ma promo ne peut refléter par son simple échantillon la globalité, mais une chose est sûre : il faut s’accrocher

Car si toutes les clés sont données pour réussir, ça reste difficile d’avoir son diplôme.

Pour y parvenir, il faut arriver à 80/100 en note finale, soit 16/20. Autant le dire tout de suite : Le seul moyen d’y arriver est de viser le 100%. Essayer de savoir tout sur tout, de n’avoir aucune lacune, s’y mettre à fond, et pour ça, rien de tel que d’être passionné par le sujet. Sans passion, ça me semble très difficile de tenir. D’autant plus qu’à la SAE, vous êtes un adulte, personne pour vous crier dessus si vous ne faites pas vos devoirs, pas question d’être materné. Si c’est ça que vous voulez, passez votre chemin.

Evidemment, on fait des erreurs dans les projets rendus, on est aussi là pour apprendre, mais il faut apprendre vite et bien, faire de son mieux tout au long de la formation, faire preuve de rigueur sur les exercices qui sont parfois un peu vicieux, prendre tout le temps nécessaire pour y arriver. Ça ne veut pas dire qu’il faut ne plus avoir de vie, au contraire, pour tenir, j’avais profondément besoin de faire la fête, de jouer à des jeux, de faire de la musique perso (en plus j’appliquais mes cours). Pour moi en tout cas, s’évader pour mieux reprendre le boulot était la méthode appropriée, et même en full time, j’arrivais à avoir un peu de temps libre, et à avoir un rythme complètement aléatoire. Parfois je restais à l’école jusqu’à minuit pour bosser, j’avais cours le lendemain matin, mais j’avais besoin de me changer les idées, je me couchais à 4-5h, j’allais au cours, dormais l’aprem’, revenais le soir pour bosser… Bref, il n’y a manifestement pas de règle pour réussir, si ce n’est de ne louper aucune miette de cours, de ne pas s’accorder le droit à l’erreur et de toujours faire de son mieux.

Conclusion

Au final, je recommande grandement cette école pour la qualité de la formation, je pense qu’il est difficile de faire mieux en si peu de temps, après il faudrait pouvoir sauter des étapes en fonction du niveau de chacun, mais ça ne fait jamais de mal de revoir les bases. Il faut quand même garder à l’esprit que ça reste à vous de trouver du boulot ensuite. Les différents intervenants ne se gardent pas de vous le rappeler maintes et maintes fois : ce n’est pas un domaine évident. Donc si vous êtes vraiment motivés, passionnés, et que vous en avez les moyens : n’hésitez pas.

J’espère que ce billet aura été utile à certains, je suis ouvert aux questions, en commentaire ou via le formulaire de contact pour plus d’infos 😉

18 réponses à “Retour sur ma formation à la SAE Institute Paris”

  1. Merci poir tous vos infoq, je compte m’inscrire pour la rentrée de janvier.
    Je suis en reconversion pro, j’ai des enfants mais je suis plus que motivé par cette formation (en 1 an)
    Si vous avez d autres conseils je suis preneuse
    Merci

    • Hello,
      Là comme ça à la vue de ton commentaire, je n’ai pas d’autre conseil particulier à apporter si ce n’est de bien y réfléchir et de ne te lancer que si tu es vraiment 100% sûre de toi sur le choix de la formation et sur ce que ça peut t’apporter ensuite dans ta recherche professionnelle. Si tu es motivée voir même passionnée et que tu as une fibre technicienne, tu as tes chances. Faut juste bien avoir en tête que c’est pas une formation à faire « histoire de » et que l’emploi dans le domaine n’est pas assuré derrière.

      Si tu as des questions plus spécifique, n’hésite pas à les poser.
      En tout cas bonne chance à toi !

  2. Merci !
    Alors j’ai 3 questions :
    – (Un peu con mais bon tkt) : Est ce que en sortant de cette formation, tu es capable de créer des instrus, de faire ta propre musique ? (J’adore rapper, et j’aimerai faire mes propres instrus, jpp des phase B et des bails en copyright)
    – Les débouchés après cette formation ? Genre ou est ce que je peux taffer, ou est ce qu’on cherche des mecs comme toi ? (Ou alos ou est ce qu’on peut faire sa place ?)
    – J’ai aucune connaissance en prod musicale, et pareil que toi mon dossier pue la mort, tu me conseil la Part Time ou la Full Time ?

    • Hello,
      Dans l’ordre :
      – Le but de cette formation n’est pas d’être compositeur mais ingé son. Si tu composes déjà, la formation peut aider à être 100% autoproduit mais ce n’est pas le but premier, le but est de devenir un vrai technicien son. Il existe une autre formation à la SAE, plus courte et certainement plus proche de ce que tu cherches.
      – Disons que le diplôme donne une certaine crédibilité d’office, maintenant c’est un domaine où il est assez difficile d’entrer malgré tout.
      – Je dirais que ça dépend pas vraiment du dossier mais plutôt de ta capacité à apprendre avec le niveau de passion que tu as pour le domaine. ^^

  3. Bonjour Robin,
    J’ai aujourd’hui un peu plus de 40 ans et j’ai passé mon diplôme « Audio Engineering Diploma » en 2001 à la SAE de Genève et c’est assez fou de retrouver à l’identique le processus de formation. Après pour l’édition audio du début de formation j’ai du faire du montage physique sur de la bande 1/4 de pouce (coupe et scotch…) où ils (les formateurs) m’avaient pourris la chanson Ironic d’Alanis Morissette mais sinon tout y est! Pareil pas de broadcast juste de la théorie et savoir mettre une console dans le mode mixage, record, broadcast. Ce que tu décris est tellement ce que j’ai pu vivre que je n’ai pas pu m’empêcher de répondre. Par exemple pour ma promo (je viens d’un Bac ES et j’ai pris la formation sur 2 ans) nous étions 40 au départ, moins de 30 en fin de formation (entre ceux qui confondent DJ, pseudo compositeur, rappeur etc…) et au final on est que 2 à avoir eu le diplôme (pour ma part avec un cachet à la cire!!). Donc on est loin d’un objectif de résultat concernant l’école mais c’est gratifiant personnellement donc je te félicite car c’est pas donné dans tous les sens du terme. Content qu’il soit enfin reconnu ce diplôme. J’ai vu qu’il date de 2015 ton article mais vu que tu semble toujours actif s’est pourquoi je me permet d’intervenir.
    Merci pour ce billet qui m’a ramené pas mal d’années en arrière 😉

    • Hey salut !

      Bien vu, je suis encore actif (et même si je ne poste pas trop, j’entretiens le site au niveau technique) :p

      Merci pour ton retour, content que ça t’aie plu de lire le mien ! C’est amusant de voir que finalement même à quelques années près, le concept de la formation ne change pas trop.
      Alanis Morissette, c’est pas hyper sympa non-plus ! Cela dit ça fait pas de mal de s’habituer à entendre un truc en boucle car ça peut faire partie du métier si tu bosses en studio…
      C’est exactement ça pour les abandons, des gens pas assez renseignés. Quand tu connais le prix de l’école tu te demandes quand même comment c’est possible !
      Le diplôme a un peu changé depuis cet article il me semble, donc je sais pas s’il est toujours reconnu, ça faut vraiment se renseigner chaque année je pense car ça peut évoluer.

      Du coup n’hésite pas à partager en commentaire ce que ça a donné pour toi en termes d’emploi ! :p

      Merci, bravo à toi aussi en tout cas (veinard pour le cachet de cire !).

  4. Salut Robin,

    Merci pour ton post très complet! J’ai quelques questions, Je suis ingenieur en informatique est Je souhaite devenir Technicien du Son orienté plutot studio/live. C’est un marché très bouché?
    Après un an en formation tu as eu vraiment des cas pratiques dans lequel tu as pu utiliser tes connaisances?
    Merci pour ton retour!

    • Hello,

      Ingénieur en informatique c’est pas si mal ! Ça te plait pas ? :p

      Comme tu peux le voir si tu fouines sur mon site, je travaille désormais chez un hébergeur web, c’est donc que pour moi en tout cas, le domaine son était un peu trop bouché. Par chance j’ai plusieurs cordes à mon arc (et toi aussi semble-t-il :p) et j’ai la chance que ce soient toutes des passions.
      Si j’avais un conseil à donner avec un peu plus de recul : Trouve tes débouchées AVANT de faire la formation, ou assure-toi d’avoir déjà un pied derrière la porte et fais la formation pour trouver plus de taf ou bosser sur de plus gros projets ou à un poste différent, mais ne la fais pas si tu pars de zéro.

      Après oui, en 1 an tu es clairement capable d’entamer l’enregistrement studio pro, même si tu vas forcément découvrir des trucs nouveaux dans chaque studio pendant quelques temps, tu vois déjà assez de configs différentes pour pas être paumé face à une grosse console par exemple, ou reconnaître les micros et savoir comment les placer, etc. Et en live, si tu en faisais déjà un peu avant, tu vas être 10x plus à l’aise après la formation :p Tout ça c’est pour peu que tu suives la formation à 100% :p

      Espérant avoir répondu à ta question !

  5. Bonjour,
    très intéressante votre présentation et je vous remercie d’avoir pris le temps d’informer, j’aimerai avoir la suite c’est à dire l’après, après cette formation avez-vous trouver du travail très vite, avez-vous été aidé, que faites-vous aujourd’hui en 2020,
    que pensez-vous de l’évolution du milieu musical aujourd’hui?
    quel est le savoir faire de demain?
    je vous remercie
    denis mauri

    • Hello,

      Merci pour ton retour (on peut se tutoyer !).
      La lecture de mon CV devrait t’en dire plus sur ce que je fais aujourd’hui ! https://lrob.fr/cv/
      J’ai eu un peu plus de chance sur l’autre corde de mon arc (informatique/serveur Linux) et je continue de faire du son à titre privé. 🙂

      L’avenir audiovisuel et le savoir faire de demain… Ma boule de cristal n’as pas particulièrement affutée sur ce sujet. Ça reste un secteur assez fermé et difficile d’accès. Il faut réussir à se démarquer, créer un projet ambitieux (donc avoir ou s’en donner les moyens) et persévérer pour avoir ses chances.

  6. Salut,
    Super post très intéressant et très bien écrit merci! Concernant la formation d’ingé son, on vient juste de me donner le feu vert pour un financement en transition pro, et j’en suis super content. Je vais donc entamer la formation technicien son intensif en un an dés janvier prochain. J’aurais voulu savoir quelques point. Etant moi meme super passionné de musique et de technique en général comme toi, j’aurais voulu savoir te poser quelques questions, si ça t’embête pas.
    1/ Combien de projet faut il présenter dans l’année (y a t’il un jury) ? J’ai plusieurs projets en tête (histoire de concrétiser mes projets perso au passage), et je voulais déjà me préparer à en rajouter, ou en éliminer. Par exemple, j’ai un groupe de Rock/Métal que j’aimerais enregistrer, un deuxième projet solo cette fois ci dans la musique latine, j’aimerais aussi enregistrer/mixer une artiste que je connais orienté pop, et enfin un groupe de blues. Est ce qu’il me sera possible de faire tout ceci dans la formation, ou dois je me restreindre dans un ou deux projets à présenter à un jury ? Si c’est le cas, aurais je le temps de le faire en dehors des cours, pour moi même en perso ?
    2/ Y a t’il des collaborations avec les personnes de la vidéo dans le cadre d’un projet à présenter ? J’aimerais tant qu’à faire compléter par un clip pour compléter le projet (j’ai vu que l’école est situé à la plaine st denis, là ou il y a tous les studios TV, ce qui est un sacré atout). Si oui, y a t’il des budgets pour faire le clip, ou est ce à nous de financer d’éventuels décors, acteurs, etc…
    3/ Même question pour la section jeu vidéo, est il possible de faire des BO par exemple pour les jeux qu’ils préparent ?
    4/ Concernant le mémoire, vu qu’à l’école, c’était vraiment ma bête noire tout ce qui est dissertation, mémoire, tout ce qui touche à l’écriture, est ce que je dois dés à présent me préparer pour apprendre comment faire un mémoire ? Combien de page comportera t’il, est ce difficile à faire et y a t’il un directeur de mémoire à solliciter ?
    5/ Comment se passe niveau ambiance avec les autres élèves ? Est ce une ambiance plutôt lycéenne avec des soirées organisées pour sympatiser, ou est ce plutot une ambiance très froide ?
    6/ J’ai vu qu’il y avait des jams le vendredi soir, comment se passe ces jam ?

    Merci beaucoup pour ton attention 🙂

    • Hello, merci pour ton commentaire.

      De mon temps il n’y avait pas de Jury, tu rends les fichiers sur un moyen imposé (fichier à droper sur le réseau et nommé correctement, sinon tu as 0, voir MiniDisk pour te forcer à apprendre à utiliser un recorder externe), tu es généralement noté sur 5, parfois plus en fonction de l’importance du test.

      Tu auras des projets tout au long de l’année, « de mon temps » il y avait environ 6 consoles numériques et/ou analogiques que tu auras le droit d’utiliser, de la plus simple à la plus évoluée.
      Pour certaines, ça ne sera que du mix (musique et un peu de son à l’image) et tu ne choisis pas ce que tu mix. D’autres ont un studio associé et là tu pourras en plus des mix enregistrer les groupes de ton choix.
      Pour moi, il y avait 4 consoles avec studio, donc ça fait 8 recs sur l’année. Tu peux essayer d’en caser plus, dans certaines j’ai fait deux rec, mais ce n’est pas dit que tu arrives à prendre 3000 créneaux, car déjà tu n’auras pas forcément le temps, et tu n’es pas seul et les créneaux doivent se réserver, le but n’est pas de monopoliser le studio et d’empêcher les autres étudiants de bosser.

      Après, libre à toi de combiner tes exos et d’en profiter pour faire une collab’, mais à mon époque, y’avait pas particulièrement de collab’ avec d’autres branches. En tout cas j’ai enregistré des musiciens que je connaissais durant la formation en mêlant ça aux exercices, et ça c’est tout à fait possible. 🙂 Après, enregistrer son propre groupe, je recommande pas, je l’ai fait pour un rec batterie, c’est l’enfer, c’est compliqué d’être derrière l’instrument et la console à la fois, et le but c’est d’apprendre à être ingé son, pas d’apprendre à se dédoubler. Et ça passe aussi par apprendre le contact avec des musiciens, s’adapter à de la musique et des instruments inconnus, etc.
      Pour la BO de JV, à voir, si tu enregistres de vrais instruments, why not, peu importe le motif, tant que ça colle à l’exercice ! Car sur l’enregistrement, le but est d’avoir un max d’instruments acoustiques, j’ai pas souvenir d’avoir beaucoup bossé les instruments virtuels, à part une cover imposée avec les instruments pré-intégrés de Logic avec une voix extraite d’un live qu’il fallait recaler et tout. Si tu veux entendre ma magnifique production en mode « chill rock electro retro » avec des VST pourris : https://cloud.lrob.fr/index.php/s/GnHZLL5c5EF5K8x

      Quand j’ai fait la formation :
      Tu commences sur un mix dont tu ne choisis pas le morceau, sans FX temporels, sur une petite Mackie 8 ou 12 pistes, après tu fais un mix « wet », donc avec FX temporels, ensuite tu enchaînes sur une Mackie/Behringer, « 8 BUS » (genre 24 pistes avec recorder numérique dédié, pas de PC, FX en patch uniquement, ça forme à la chose) pour mix et deux rec, puis une SSL AWS900 (qui est hybride analog/surface de contrôle numérique), un mix et deux rec, puis tu as deux studios avec des consoles numériques identiques (Yamaha je crois probablement une 02R, grand classique, pour du mix son à l’image et du mix musique), puis une grosse console AVID pour principalement du son à l’image, et enfin, je ne sais plus si c’est la dernière ou avant dernière, tu termines sur une console Neve (VR je crois), je n’ai pas souvenir d’avoir mixé dessus en mode entraînement, j’ai directement enregistré un groupe de Jazzmen sur un créneau de… 6h je crois, les gars m’ont sorti un album qu’ils ont publié par la suite via un label etc. 🙂

      Pour le projet de fin d’année, il me semble qu’on avait le choix parmi les morceaux enregistrés sur l’année, sur lequel on devait en plus faire un radio edit.
      J’ai choisi un des morceaux enregistré sur la Neve. CF l’album du coup, j’avais pris Influencias : https://open.spotify.com/album/3p9GO5SEgr0bbbgGBgRmXW?si=WZzqVyAnQ5KrqhQyVBM1qw

      Niveau ambiance, j’ai fait quelques soirées avec des étudiants de ma classe, parfois chez moi, parfois chez eux, parfois on est sortis dans des bars et voir des concerts. Il y a aussi une ou deux soirée « Alumni » par an, où ça regroupe tous les étudiants + les anciens s’ils veulent.
      Mais en vérité on avait relativement peu de temps, et j’avais du mal avec la majorité des gens, mais ça a toujours été comme ça partout pour moi. Après c’est à relativiser car je suis assez intolérant avec la majorité des gens. J’ai en particulier du mal à tolérer la médiocrité, mais par contre ceux avec qui j’avais vraiment sympathisé étaient vraiment extra et ça me suffisait. Semble-t-il que j’ai du flair, car ceux-là (c’est à dire 4 ou 5 dont je me souviens encore, dont un dans une autre classe) sont comme par hasard ceux qui ont eu leur diplôme !

      Niveau jams, y’avait pas ça à ma connaissance de mon temps, donc je ne peux pas te répondre !

      Enfin le mémoire, ça a pu évoluer, je crois que c’était 40 pages mini. Le mien je viens de l’ouvrir, il fait 46 pages.
      En réalité, si c’était à refaire je m’y prendrais beaucoup mieux, en consultant la littérature associée, qui existe !
      La méthode à adopter selon moi :
      – Choisir un sujet audio intéressant, potentiellement clivant, et relativement peu connu
      – Comprendre et exposer les questions que ça soulève
      – Chercher toute la littérature qui en parle (ça c’est ce qui m’a manqué)
      – Faire le résumé de la littérature, indiquer ses références
      – Exposer les solutions, l’analyse, essayer d’avoir une vision plus globale, et ne pas hésiter à parler de sujets connexes
      – Si applicable, tester, faire un peu de recherche soi-même pour aller plus loin, détailler des protocoles de test, intégrer des graphes, des mesures, des calculs, peu importe (ça je l’avais bien fait)
      –> Et t’inquiète que tu les as large tes 40 pages !

      Pas besoin d’être un romancier, il faut surtout arriver à exposer tes idées de manière logique.
      Ce qui m’aurait simplifié la vie : S’organiser mieux ! Prendre des notes de grands thèmes importants qui pourraient faire l’objet d’une rubrique de ton sommaire. Et t’inspirer d’autres travaux sur le sujet. En fait il faut le voir vraiment comme une étude scientifique.
      Et une fois que tu as tout, là tu fais un pré-sommaire et tu commences la rédaction. Pendant la rédaction, tu risques de voir, en l’expliquant, les limites de ton raisonnement et de tes recherches, donc tu vas devoir adapter un peu et compléter tes recherches.
      Pour bien faire, il faut s’y prendre très tôt. Moi je m’y suis pris trop tard, j’en ai fait des nuits blanches… Donc ça je recommande pas, c’est le meilleur moyen d’avoir la tête dans le guidon, de manquer de recul et de pas réussir à avoir la vue d’ensemble sur la problématique, et surtout de pouvoir pousser le sujet autant que tu voudrais. Fais-le vraiment en te disant que c’est une étude scientifique qui sera diffusée au monde entier et qui doit servir les générations futures, ça devrait te donner l’échelle de la qualité de travail idéale à produire :p

      Je t’invite vraiment à aller vérifier l’état actuel des choses en te rendant à une journée portes ouvertes. Avec le COVID ça risque d’être compliqué, donc je ne sais pas comment ils procèdent, n’hésite pas à leur poser la question tout simplement !

      Espérant avoir répondu à la plupart de tes questions, je reste dispo si besoin.
      Bonne route à toi 😉

  7. Salut, merci pour ta réponse super précise !
    Excellente la zic, je la reprends avec mon groupe aussi la Dépèche mode ^^
    Je me permets de te poser quelques questions subsidiaires, car des réponses amènent d’autres questions forcément… 🙂
    Est ce qu’ils autoriseront quand meme à m’enregistrer pour un seul projet en solo, juste avec des VST et ma gratte et ma voix ? Ou on se paye une taule si on fait ça (puisque pas de collaboration…).
    Le sujet du mémoire, c’est forcément orienté technique ou ça peut etre en général sur la culture musicale ou théorie musicale ?
    Et un dernier point, est ce qu’ils apprennent comment faire telle ou telle style de musique (jazz, rock, reggaeton, dance, techno etc…), ou est ce que c’est à nous de connaitre déjà ces points ?
    Super technique le groupe de jazz sur Influencias sur la théorie musicale. Comment tu as fait pour savoir s’il y avait des fausses notes ou pas? Est ce que c’est eux qui te drivait sur ce point, ou est ce que tu maitrisais déjà l’univers jazz ?
    Merci encore pour ta patience 😀

    • Hello, sorry pour le délai.
      Pour des VST/Gratte/Voix, autant le faire en home studio!
      Après par contre tu peux être l’artiste qu’enregistreront les autres étudiants, ça leur faire un artiste tout prêt pour leurs travaux dans l’école, et toi tu rec ce que tu veux 🙂
      A mon avis le mémoire c’est un thème ayant un rapport direct avec le boulot d’ingé son. Après si tu peux faire le lien entre ingé son et théorie musicale, pourquoi pas, mais il faudra en parler avec les intervenants, il me semble qu’ils approuvent ton choix avant que tu te lances dans tous les cas.
      Pour Influencias, celui quia pris le rôle de directeur artistique était Diego, le guitariste et leader du groupe. Et il n’y avait pas vraiment de fausse note… Ils ont fait 2 à 3 prises par morceau tous ensemble en live et c’était bouclé ! C’était mon premier projet avec un jazz band, ça s’est bien passé du coup. ^^

  8. Bonjour,
    Mon fils vient d’être accepté à la SAE pour la rentrée de septembre. Mais il est aussi intéressé par l’ESRA. Sans dénigrer aucune de ces deux écoles, pouvez-vous me dire quel serait son meilleur choix sachant qu’il veut faire des productions musicales, et qu’il y arrive déjà pas mal en autodidacte sur le logiciel FL studio ? Il est actuellement en terminale. Avec mes remerciements.

    • Bonjour et désolé pour le délai de réponse (cet article date de 2015 désormais !).
      Je vous invite à consulter ma réponse à « Desile » ci-dessous.

  9. Bonjour Monsieur, MErci pour cet éclairage. Que pensez vous de L’ÉCOLE ESRA, Paris 15e? Avez vous en entendu parlé ? Dans quels termes par ceux qui l’avaient suivi ? Merci. Bonne journée

    • Bonjour,

      Je n’ai pas d’expérience particulière avec l’ESRA. Cette école me semble davantage axée sur l’audio pour la vidéo et semble avoir plutôt bonne réputation.
      Je ne suis pas compétent pour vous en dire davantage.

      Bonne continuation à vous.

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